La hulotte – la saveur du naturalisme pour tous

img350Quand, dans un coin de votre vieille maison, nostalgiques vous raconterez à vos arrière-petits-enfants, de passage à la Baule ou à La Ciotat, les histoires de ces trucs qui jadis suaient leur coquille, de ces machins qui suintaient des perles, de ces bidules qui s’entortillaient sous vos tuiles, et qu’ils se paieront votre tête et vous prendront pour un aliéné complètement has-been, vous serez bien content d’avoir sous la main les numéros 97 (l’escargot des haies), 101 (La mulette perlière) et 106 (Le lierre) de La hulotte en témoignage instructif et amusant du paradis perdu des bois et des campagnes. Alors, constituez dès maintenant votre collection, le n° 106 sur le lierre est en cours d’acheminement dans tout le monde francophone. Lire la suite

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L’inimitable vol des oiseaux

PlumesLe 08 septembre 2016, la NASA envoie la sonde Osiris-Rex faire des prélèvements sur l’astéroïde Bennu situé à 1,2 années-lumières. Trois mois plus tard, une équipe du laboratoire de David Lentink, à Stanford, explique que les modèles couramment utilisés pour décrire la manière dont les oiseaux volent sont faux. Nous savons lancer une sonde sur un astéroïde, mais pas comment vole un oiseau… Notre technologie est-elle si avancée que nous le disons ? Que valent, en fait, nos techniques de vol artificiel, que vaut notre aviation, face au vol d’un albatros, dont nous commençons à peine à comprendre l’extraordinaire endurance ? Jusqu’à quel point l’avion imite-t-il l’oiseau ? Y parvient-il ? Ne serait-il pas légitime, d’ailleurs, qu’il s’en éloigne ? Voilà les questions que la conférence à deux voix donnée par Pierre-Yves Debroise et Jacques Lemaire, L’oiseau et l’avion, ont fait jaillir de nos cervelles en feu. Et comme ils reviennent samedi 13 mai 2017, 20h30 à Cuiserie, au Centre Eden 71, nous leur dédions ce petit article. Lire la suite

De la bonne taille des choses (sagesse des mathématiques)

Image extraite du film « Koyaanisqatsi »

En 1955 est achevé un programme architectural gigantesque : 33 barres d’immeubles, de 11 étages chacun, pour servir de logements sociaux à la ville de Saint-Louis, dans le Missouri. Le projet Pruitt-Igoe vaut à son architecte Yamasaki une telle renommée que la ville de New York, à l’instigation des frères Rockefeller, lui commande sa plus célèbre réalisation : les sept immeubles du World Trade Center. Pourtant, moins de 20 ans plus tard, les barres de Pruitt-Igoe sont dynamitées : l’insécurité, la dégradation l’avaient rendu invivable pour ses habitants.[1] Mais n’est-ce pas sous son gigantisme que le quartier s’est écroulé ? Nos sociétés ne souffrent-elle pas d’une tendance à la démesure ? Ne sommes-nous pas trop indifférents aux questions de taille dans nos réflexions et réalisations sociales ? Ce sont à ces problèmes qu’Olivier Rey, dans son essai original et stimulant Une question de taille, nous invite à prêter attention.[2] Lire la suite

Égyptologie en Arles

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Masque funéraire attribué à Khâemouaset

En ce moment à Arles : égyptologie (ou égyptomanie ?) au musée de l’Arles antique, organisé en collaboration avec le département d’égyptologie du Louvre. C’est l’occasion de voir de rares pièces prêtées par le Louvre (issues des fouilles du Serapeum de Memphis par Mariette en 1851) ou issues de collections privées. Ensemble assez didactique, grâce aux panneaux, aux aquarelles, aux guides (certes non égyptologues, mais bien formés pour l’occasion). Lire la suite

La lumière de l’œil – Les secrets de l’éclairage ancien

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Depuis que les fumeurs s’essayent à la cigarette électronique, on n’a plus guère l’occasion de voir du feu en ville. L’électricité est partout. Sauf au 4, sentier du tir de Malakoff : l’association des « Amis de Léon » veille à ce qu’on n’électrifie pas le dernier réverbère à gaz de France, le dernier depuis l’année 2000, année funeste pour son camarade de l’impasse Ponscarme. Nostalgie ? Ou serait-ce que la lumière d’une flamme, c’est vraiment différent d’un filament de tungstène incandescent ? Ça n’a l’air de rien, mais ce n’est pas si simple, une lampe à huile, une lame à pétrole, un bec de gaz. C’est un siècle de chimie, de Lavoisier à Auer von Welsbach, qui complote contre l’obscurité. Ce sont des matériaux, des réactions, des teintes, des mécanismes, des gestes et des outils oubliés. Peu de monde l’expliqueront mieux en France que M. Ara Kebapcioglu, dans la petite salle de son atelier-musée Lumière de l’œil, dans le coude de la rue Flatter, dans le 5ième arrondissement de Paris. Lire la suite

René Vautier, un orfèvre en Afrique Occidentale Française

afrique-50Jusqu’à la fin de l’Afrique Occidentale Française, en 1958, l’administration coloniale française contrôlait scrupuleusement les images captées sur son sol. Aujourd’hui, nous ne disposons donc d’aucun film qui présenterait des images authentiques de l’époque coloniale, si ce n’est le petit bijou de René Vautier – qui nous a quittés le 04 janvier 2015 –, Afrique 50 (cliquez ici pour voir le film) tourné en 1949, mais censuré jusqu’en…1996. Quant à sa première diffusion sur une chaîne française, elle n’eut lieu qu’en 2008. Pourquoi une telle inertie ? Est-ce parce que la colonisation serait une phase historique dépassée et bien connue du public ? Que de toute façon, tout le monde sait bien qu’il faut être « anticolonial » ? N’est-ce pas plutôt que le film, aujourd’hui encore, nous invite à réfléchir à ce qu’est une « colonisation », et à nous demander si quelque chose a réellement changé depuis la « décolonisation » ?

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La psychanalyse héroïque de John Huston

freud-affiche« « Connais-toi toi-même ». Il y a deux mille ans, ces mots furent gravés sur le temple de Delphes. En eux commencent la sagesse. En eux repose le seul espoir de victoire sur le plus vieil ennemi de l’homme : sa vanité. Cette connaissance est désormais à portée de notre main. En ferons-nous usage ? » Ces mots concluent le film Freud, Passions Secrètes, mis en scène par John Huston – qui vient de faire l’objet d’une rétrospective à la cinémathèque française[1]  – et sorti en 1962. Ils sont lus par le cinéaste lui-même, signe de l’importance qu’il y attache. En 1962, Huston a déjà acquis la conviction qu’il formulera plus tard dans ses mémoires, An open book, parues en 1980 : d’un côté, la psychanalyse freudienne est un progrès scientifique considérable dans la connaissance de l’âme humaine, mais de l’autre elle n’a qu’un impact social limité. En raison du coût du traitement et de sa longue durée, elle reste de fait réservée, écrit-il, à des femmes qui s’ennuient et des enfants à problème issus d’une population fortunée : ceux qui auraient le plus besoin d’un tel traitement sont précisément ceux qui ne peuvent se l’offrir. Il fit ce film pour éduquer le public à la psychanalyse : il voulut mettre une théorie en image, et pour ce faire choisit de mettre en scène les premières années pendant lesquelles Freud élabora sa théorie générale des névroses. Le spectateur devait quitter la salle plus réservé sur le rôle que sa pensée consciente avait pu jouer dans sa vie. Mais pourquoi eut-il l’idée, a priori saugrenue, d’en confier le scénario à quelqu’un qui ne croyait pas en l’inconscient, Jean-Paul Sartre, pour 25 000 dollars, c’est ce qu’il nous faudra aussi essayer d’expliquer. Lire la suite